Nous voici de retour sur les routes invisibles que nous avons déjà par le passé naviguées!
Entre le chantier a Montevideo et celui de Buenos Aires Provincia, Rocinante a repris de l'allure. Un nouveau mât noir pointe vers le ciel, de nouvelles robes blanches nous prêtent leurs formes
pour nous faire glisser sur l'eau bien plus facilement qu'auparavant. Il faut bien dire que naviguer avec de nouvelles voiles, cela fait du bien. Fini les heures de coutures et puis un petit
souffle suffit pour nous faire avancer au près!
Le départ est donné début Juillet. Première destination: Montevideo. Les prévisions de vent paraissent bonnes, la navigation se fait au bon plein... Le nouveau matelot que nous avons à bord a du
mal dans cette mer courte et la cuisine du comandante est simplifiée dans ces conditions. Leçon apprise: si il y a moyen d'éviter de faire du près dans le Rio de la Plata, nous n'hésiterons plus!
Enfin, tout cela est en fait d la rigolade comparé à ce qui nous attend plus loin...
Un dernier au revoir a Daniel qui nous a tant aidé et qui est tombé amoureux de la petite Rocinante et nous voilà partis pour l'étape la plus rude du voyage: 650 miles de Montevideo vers l'île de
Santa Catarina, en passant par le port de Rio Grande do Sul, situé à moitier chemin. Cette côte n'offre pas de refuge et devra être naviguée en profitant des "coups de vent" de sud qui sont plus
fréquent en hivers austral.
Nous partons par vent mou et variable, ce qui nous permet de sortir du Rio pour être en pleine mer pour le vent de Sud-Ouest qui est prévu. Tout se passe comme sur des roulettes: la houle grossi
rapidement et le vent monte en force jusqu'à atteindre un bon vent frais force 7. Parfait! Nous faisons route avec lui et surfons sur le dos des vagues qui atteignent tout de même 4 mètres pour
le grand bonheur des albatros et autres petrels. Enfin de retour sur l'océan! La mer et la vie sont belles! Le vent tourne vers le secteur Nord juste au moment où nous entrons (à contre courant,
comme d'habitude) dans l'embouchure de Rio Grande. Nous amarrons Rocinante au quai du musée océanografique. Al hamdelullah! (A la bonne heure!).
{Un petit lien vers une petite video. Cliquez sur link}
Après une semaine de repos, les conditions semblent à nouveau favorable pour la remontée vers le nord de la deuxième étape vers Santa Catarina. Vent ouest tournant Sud-Ouest durant la période.
Force 6. Nous voilà repartis pour 350 miles... que nous parcourrons en à peine 48 heures, soit plus de 150 miles par jour (record des alizés battus!). Le vent est en effet venu de secteur
Sud-Ouest, mais la force et la houle ne furent pas de l'avis des services de prévisions météorologiques! Le Cap de Santa Martha nous aura réservé ses surprises, tant à l'aller qu'au retour! La
première nuit fut excellente, mais la seconde... Rocinante n'a plus d'anémomètre (qui ne servent qu'à alimenter les conversations houleuses de café de port :o) et la nuit étant sans lune, je ne
peut vous dire avec certitude ce qu'il en était. Le commandante n'a pas quitté la barre de la nuit, négociant chaque vague a la main. Le feux de poupe fut une précieuses aide pour voire la la
houle déferlante arriver et le commandante a pris la main rapidement pour positionner le beau petit cul de Rocinante pile perpendiculaire a celle ci au moment auportun. Des surfs comme cette
nuit, jamais nous n'avions fait ni autant, ni aussi puissants. Un surf fut tellement puissant que nous avons bien crus sancir (enfoncer la partir avant du bateau dans l'eau). Le matelot enfermé à
l'intérieur n'a pas fermé l'œil! Au petit matin, le vent molli franchement, nous laissant ballotter dans une grosse houle de 5-6 mètres. En la voyant le matin, je m'imagine que ce la nuit aura
été...
Epuisés nous laissons tomber l'ancre dans la petite anse de Ibituba, juste avant l'entrée du canal d'accès de l'ile de santa Catarina. La houle rémanenante rend le canal d'accès à l'île de Santa
Catarina perilleux pendant deux jours. Finalement, nous arrivons au moteur au club nautique de Florianoplolis. Deux jours gratuits! Vives les douches chaudes et l'électricité pour chauffer et
déshumidifier la petite Rocinante! L'étape la plus difficile du voyage est derrière le dos, le froid d'hivers commence a s'adoucir.
Le reste du voyage se passe plus paisiblement et finalement nous arrivons, en passant par Sao Francisco do Sul, dans la Baie de Ilha Grande où nous ancrons dans une petit coin de paradis. Soleil,
chaleur et baignades! Le matelot qui fut finalement promus timonière nous quitte (les vacances sont terminées) et le Commandante continue sa route vers la baie de Guanabara, ou se trouve la belle
ville de Rio de Janeiro.
Comandante Pako y su querida Rocinante