Samedi 26 septembre 2009
La vie prend de temps en temps un grand tournant que l'homme veut bien lui donner, et ce fut le cas pour nous le mois passé: nous rentrons en Europe en 2010, coupant court à l'autre option de continuer vers le Pacifique pour rejoindre les Marquises afin vérifier les dires du grand Jacques sur ces îles. Rien de dramatique dans tout cela! Tout au contraire, l'idée serait d'étudier pendant 3-4 ans les sciences nautiques a Anvers, et ne plus quitter la grande bleue et ses ports. Faire de la Mer non plus une passion entrecoupée de périodes de travail mais un lieu de vie permanent...

 

 

Tellement excité par ce soudain air frais dans nos voiles, le commandante s'est mis dans la tête de tirer un long bord a partir de Rio vers les Acores. Deux mois de navigation transatlantique contre le vent et le courant... Mais la mer et Rocinante lui ont remis les choses en place très rapidement et cela des notre première sortie de Rio de Janeiro vers Buzios, lors d'une nuit sans lune nous tirons des bords contre une mer formée par un vent de force 5 voire 6. A un certain moment nous avons littéralement décoller d'une crête de vague et je peux vous dire que la chute fut violente! Jamais je n'ai cru que Rocinante pouvait résister a un tel choc... Pour jeter l'ancre à notre arrivée il m'a fallu la dégager de dessous le tas de chaine qui s'était retrouvé au-dessus!

 

On dit qu'il faut écouter la mer, le message a été bien clair: ce n'est pas avec un petit dériveur lesté de 7m en ligne de flottaison et 2,5 tonnes que l'on envisage cette aventure. C'est éprouvant tan pour le matériel (30 degrés de gîte, coups de butoir dans certaines vagues répercuté dans le gréement...) et pour l'équipage qui doit vivre dans un mouvement constant et très inconfortable. À donner le mal de mer à ceux qui n'en souffre pas! Donc, nous reviendrons en passant a travers les îles Antillaises et en frôlant les Bermudes.

 

Cela étant dit, il faut bien dire que la remontée de la côte brésilienne a été plutôt coriace. L'année passée pour descendre vers le Sud, c'était vraiment de la rigolade! Durant cette saison, nous avons dû sortir par coups de vent de Sud pour avoir un vent portant et puis il nous a fallu se résoudre a tirer des bord contre de vent de Nord-Est. Dans les deux cas, ce n'ont généralement pas des navigations très confortable. Enfin, nous voici arrivé a Salvador de Bahia après plus de 600 miles en solo avec ma petite Rocinante... dont les trois quarts ont été péniblement remontés contre le vent.

 

 

Et maintenant, les tropiques sont à nous avec leurs vents réguliers et d'intensité presque parfaite. Mais avant de reprendre la route, deux petites semaines dans la baie pour se reposer et se préparer pour la prochaine grande aventure: 1600 miles de haute mer (en solo) pour une dernière étape Brésilienne: l'Amazonie.

 

Commandante Pako y su querida Rocinante

 

 

 


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Dimanche 16 août 2009
Nous voici de retour sur les routes invisibles que nous avons déjà par le passé naviguées!

Entre le chantier a Montevideo et celui de Buenos Aires Provincia, Rocinante a repris de l'allure. Un nouveau mât noir pointe vers le ciel, de nouvelles robes blanches nous prêtent leurs formes pour nous faire glisser sur l'eau bien plus facilement qu'auparavant. Il faut bien dire que naviguer avec de nouvelles voiles, cela fait du bien. Fini les heures de coutures et puis un petit souffle suffit pour nous faire avancer au près!

 

 

Le départ est donné début Juillet. Première destination: Montevideo. Les prévisions de vent paraissent bonnes, la navigation se fait au bon plein... Le nouveau matelot que nous avons à bord a du mal dans cette mer courte et la cuisine du comandante est simplifiée dans ces conditions. Leçon apprise: si il y a moyen d'éviter de faire du près dans le Rio de la Plata, nous n'hésiterons plus! Enfin, tout cela est en fait d la rigolade comparé à ce qui nous attend plus loin...

 

 

Un dernier au revoir a Daniel qui nous a tant aidé et qui est tombé amoureux de la petite Rocinante et nous voilà partis pour l'étape la plus rude du voyage: 650 miles de Montevideo vers l'île de Santa Catarina, en passant par le port de Rio Grande do Sul, situé à moitier chemin. Cette côte n'offre pas de refuge et devra être naviguée en profitant des "coups de vent" de sud qui sont plus fréquent en hivers austral.

 

Nous partons par vent mou et variable, ce qui nous permet de sortir du Rio pour être en pleine mer pour le vent de Sud-Ouest qui est prévu. Tout se passe comme sur des roulettes: la houle grossi rapidement et le vent monte en force jusqu'à atteindre un bon vent frais force 7. Parfait! Nous faisons route avec lui et surfons sur le dos des vagues qui atteignent tout de même 4 mètres pour le grand bonheur des albatros et autres petrels. Enfin de retour sur l'océan! La mer et la vie sont belles! Le vent tourne vers le secteur Nord juste au moment où nous entrons (à contre courant, comme d'habitude) dans l'embouchure de Rio Grande. Nous amarrons Rocinante au quai du musée océanografique. Al hamdelullah! (A la bonne heure!).

 

{Un petit lien vers une petite video. Cliquez sur link}

 

Après une semaine de repos, les conditions semblent à nouveau favorable pour la remontée vers le nord de la deuxième étape vers Santa Catarina. Vent ouest tournant Sud-Ouest durant la période. Force 6. Nous voilà repartis pour 350 miles... que nous parcourrons en à peine 48 heures, soit plus de 150 miles par jour (record des alizés battus!). Le vent est en effet venu de secteur Sud-Ouest, mais la force et la houle ne furent pas de l'avis des services de prévisions météorologiques! Le Cap de Santa Martha nous aura réservé ses surprises, tant à l'aller qu'au retour! La première nuit fut excellente, mais la seconde... Rocinante n'a plus d'anémomètre (qui ne servent qu'à alimenter les conversations houleuses de café de port :o) et la nuit étant sans lune, je ne peut vous dire avec certitude ce qu'il en était. Le commandante n'a pas quitté la barre de la nuit, négociant chaque vague a la main. Le feux de poupe fut une précieuses aide pour voire la la houle déferlante arriver et le commandante a pris la main rapidement pour positionner le beau petit cul de Rocinante pile perpendiculaire a celle ci au moment auportun. Des surfs comme cette nuit, jamais nous n'avions fait ni autant, ni aussi puissants. Un surf fut tellement puissant que nous avons bien crus sancir (enfoncer la partir avant du bateau dans l'eau). Le matelot enfermé à l'intérieur n'a pas fermé l'œil! Au petit matin, le vent molli franchement, nous laissant ballotter dans une grosse houle de 5-6 mètres. En la voyant le matin, je m'imagine que ce la nuit aura été...

 

 

Epuisés nous laissons tomber l'ancre dans la petite anse de Ibituba, juste avant l'entrée du canal d'accès de l'ile de santa Catarina. La houle rémanenante rend le canal d'accès à l'île de Santa Catarina perilleux pendant deux jours. Finalement, nous arrivons au moteur au club nautique de Florianoplolis. Deux jours gratuits! Vives les douches chaudes et l'électricité pour chauffer et déshumidifier la petite Rocinante! L'étape la plus difficile du voyage est derrière le dos, le froid d'hivers commence a s'adoucir.

 

Le reste du voyage se passe plus paisiblement et finalement nous arrivons, en passant par Sao Francisco do Sul, dans la Baie de Ilha Grande où nous ancrons dans une petit coin de paradis. Soleil, chaleur et baignades! Le matelot qui fut finalement promus timonière nous quitte (les vacances sont terminées) et le Commandante continue sa route vers la baie de Guanabara, ou se trouve la belle ville de Rio de Janeiro.

 

 

Comandante Pako y su querida Rocinante

 

Par Pako Rocinante
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Mercredi 20 mai 2009

Après les quelques semaines à Montevideo où nous avons pris le temps de traiter la dérive contre la rouille (cela devenait urgent), de la remonter sur un nouveau support d'axe et d'enduire nos oeuvres vives de cet habituel poison contre les algues et crustacés tropicaux, nous avons finalement largué les amarres pour notre première destination: Buenos Aires afin de goûter leur fameux steaks juteux et de nous offrir ce nouveau mât tant attendu!


Première étape: la ville de Colonia del Sacramento, opposée a Buenos Aires du côté Uruguay, pour effectuer les formalités de sortie du pais. Celles-ci auraient bien pu être faite a Montevideo, mais bon, fallait prendre les transports en commun, alors qu'à Colonia, cela se fait a pied depuis le port situé au le cœur de la vielle ville colorée. Et puis cela nous fera notre première sortie de reprise d'aventures! ... Et la rencontre avec les particularités de navigation dans le Rio de la Plata.


Première constatation: une mer courte quand il faut remonter au vent et notre élan est constamment coupé pas le clapot qui se lève. Il est vrai que naviguer avec le foc de route et la grand voile arisée au maximum lorsqu'il ne souffle qu'une petite brise n'aide pas a propulser et casser ces petites vaguettes! (pour rappel, le mât a été écourté au Brésil). Nous passons nos premières 20 heures de navigation dans ces conditions, avançant péniblement vers le point sur la côte que nous nous sommes fixé.

Le matin de la seconde journée, le vent tombe et la mer-rivière s'immobilise, offrant a perte de vue cette couleur café au lait caractéristique de l'eau du Rio de la Plata supérieur. Les épaves marquées par des bouées nous servent de références à cet horizon sans fin ou seul le moteur de Rocinante se fait entendre (il a bien fallu le faire tourner celui là). Et où l'approche de la côte est remarquée par la présence de plus en plus nombreuse de moustiques et de guêpes oranges d'une agressivité inouïe.


Le fond commence a diminuer sérieusement à partir de ce moment et nous naviguons sur des profondeurs de 3-4 mètres jusqu'à notre entrée à Colonia où les formalités de sortie sont expédiées rapidement. Et comme un coup de vent du secteur Sud est prévu dans 24h-36h, nous appareillons sans tarder et sans profiter pleinement de la tranquillité de cette petite ville. Départ juste avant la tombée de la nuit pour Buenos Aires à 40 miles au Sud question de repérer les amers (bouées, phares, petites îles) par leur feux de nuit pour négocier la sortie de port parsemée de dangers.


Deux heures du matin, nous arrivons au centre de Buenos Aires, dans le port commercial où suivant les informations du guide nautique il y a un des deux clubs nautiques qui donne une « semaine de courtoisie »  aux bateaux de passage.  Et...  l'entrée du club est fermée par une série de bouées... Pfff... On s'amarre plus loin à même le quai, le mât caché dans l'ombre d'un contenaire, et nous nous reposons quelques heures avant de rejoindre au petit matin un des clubs qui donnent sur la rivière Tigre, éloigné du centre de la capitale. 


Et nous voilà donc à San Isidro, amarrés dans l'auto-proclamé port « loemp » ou « pirate ». Le nouveau mât est sur le quai et attend la peinture epoxy, le génois est en réparation et le commandant mange des steaks tous les jours (ou presque :o).

 

 


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