Mardi 17 novembre 2009 2 17 11 2009 20:43

Après quelques semaines de repos dans la Baie de tous les Saints, nous avons finalement largués les amarres, nos cales pleines de vivres et d'eau pour tenir pendant un bon mois, en direction à de nouvelles aventures. Les paquets de biscuits, alimentation principale du commandante, débordent de tous les recoins . Cette fois-ci, la navigation ne se fera plus par petits à coups et nous prévoyons une bonne vingtaine de jours de haute mer pour rejoindre directement la Guyane Française (1800 miles de route soit plus de 3000 km). Les intentions sont bonnes, mais comme nous le verrons plus tard, c'est la mer qui a toujours le dernier mot!

 


Nous partons de bonne heure de la marina de Salvador de Bahia, par petite brise de Nord-Est, ce qui nous permet de nous éloigner de la côte et ses pêcheurs en prenant un cap plein Est. Tout se déroule comme prévu, durant les trois jours suivants, nous remontons la côte au près contre un léger souffle EstNordEst ma fois fort agréable au commandante et sa monture. La mer est calme, le soleil est la pour nous accompagner... Mais la progression est trop lente par rapport aux prévisions et la fenêtre météo se termine... Car nous avons oublié de tenir en compte le fort courant qui descend le long de la côte (1 à 2 noeuds!!!)! A peine avions nous doublé l'embouchure de la rivière Sao Francisco do Norte que le vent se met a souffler un bon force 6  dans notre nez en levant une mer agitée à donner la nausée au commandant Cousteau. Nous faisons de notre mieux dans cette soupe, mais après 48 heures de lutte, mouillé jusqu'aux coussins intérieurs, nous abandonnons et fuyons la mer pour trouver refuge derrière un banc de sable a l'embouchure de la rivière que nous avions passée deux jours avant.

 

Après deux belles journée en ce mouillage pour le moins original, le vent se fait plus doux et décidons de virer l'ancre au petit matin, bien reposés et décidés à passer le Cabo Branco (Cap Blanc) qui marque l'endroit de changement de courant, qui passerait a nous pousser au lieu de nous faire reculer (situé à 200 miles (350km) de notre position actuelle...). Les vents y seront également favorable à notre route étant donné que nous entrerons à ce moment dans la zone des Alisés Est.

 

Certaines situations sont difficiles à vivre, poussant à l'extrême les limites de ce que peut supporter un homme... Durant la nuit qui succéda notre départ, nous nous retrouvons une nouvelle fois dans une mer horrible, impossible à couper sans risque de casser Rocinante en deux morceau nets et il nous faut battre en retraite une nouvelle fois pour retourner au banc de sable... Avec tous ces sentiments d'impuissance dans l'estomac, ce questionnement sur ses propres capacités a mener à bien cette aventure... Moment très difficile...

 


Enfin, cette fois ci, nous en profitons pour passer la barre et entrer dans la rivière (collés au cul d'un bateau de pêche, vive les dériveurs lestés!) afin de consulter les oracles météorologiques dans le cafe internet du premier village. Deux jours! nous dit le savant, et c'est bon... Et finalement, confiants dans ces nouvelles augures,  nous nous lançons pour la troisième tentative... et nous parvenons a doubler le fameux cap après trois jours de près relativement confortable! Ouf!

 

Tant nos avons lutés dans cette zone difficile et profitant de nous retrouver finalement avec le vent et le courant portant, nous hissons toute la toile que nous pouvons supporter. Yeeeepa!  Nous surfons sur le dos de chaque vague, atteignant des vitesses journalière inégalée jusqu'à présent (record battu: 170 miles en 24 heures, mais également grâce au courant!). Notre position sur la carte avance a une allure impressionnante! Vitesse, vitesse!

 

Et puis après deux jours de ce rythme soutenu, vient un moment où l'on se rend compte que le but du voyage n'est pas d'arriver. On est bien sur l'eau quand tout va bien, alors pourquoi avoir cette obsession à avancer le plus vite possible? Nous réduisons la toile affin de pouvoir vivre tranquillement  à bord (4 nœuds en surface). Le bonheur, je vous assure: On n'est plus trop secoués et donc du pain frais tous les deux jours, séchage de poissons, cuisines plus élaborée (Soupes-Miso! Roll-mops!) et puis des nuits complètes sans se réveiller! Le paradis existe sur la mer quand les conditions sont réunies!

 


Durant les neuf jours de parfaites conditions de vents d'Alisés (Est force 5-6 virant tranquillement EstNordEst, force 3-4), nous avons eu un compagnon de voyage régulier. En fin de soirée, Eddy venait se poser sur le dos de Rocinante pour passer ses nuits a dormir, las de ses dures journées de pêche. Loin d'être effrayé par ma présence manœuvrante sur le pont, Eddy se posait volontiers sur ma main afin que je le déplace vers des endroits où le nettoyage de ses petites crottes ne pose pas de difficultés (car monsieur avait la mauvaise habitude de chier sur les drisses courant sur le pont).

 


Et puis nous voici finalement mouillés dans la rivière jouxtant Cayenne, en Guyane Francaise, parmis les herons et ibis de toutes les couleurs qui chassent sur l'estran non occupé par la mangrove des rivière équatoriale... Il est beau le monde si l'on veut bien ne regarder que dans la bonne direction!

 

Rocinante y su Commandante Pako.

 

 





 



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Samedi 26 septembre 2009 6 26 09 2009 04:09
La vie prend de temps en temps un grand tournant que l'homme veut bien lui donner, et ce fut le cas pour nous le mois passé: nous rentrons en Europe en 2010, coupant court à l'autre option de continuer vers le Pacifique pour rejoindre les Marquises afin vérifier les dires du grand Jacques sur ces îles. Rien de dramatique dans tout cela! Tout au contraire, l'idée serait d'étudier pendant 3-4 ans les sciences nautiques a Anvers, et ne plus quitter la grande bleue et ses ports. Faire de la Mer non plus une passion entrecoupée de périodes de travail mais un lieu de vie permanent...

 

 

Tellement excité par ce soudain air frais dans nos voiles, le commandante s'est mis dans la tête de tirer un long bord a partir de Rio vers les Acores. Deux mois de navigation transatlantique contre le vent et le courant... Mais la mer et Rocinante lui ont remis les choses en place très rapidement et cela des notre première sortie de Rio de Janeiro vers Buzios, lors d'une nuit sans lune nous tirons des bords contre une mer formée par un vent de force 5 voire 6. A un certain moment nous avons littéralement décoller d'une crête de vague et je peux vous dire que la chute fut violente! Jamais je n'ai cru que Rocinante pouvait résister a un tel choc... Pour jeter l'ancre à notre arrivée il m'a fallu la dégager de dessous le tas de chaine qui s'était retrouvé au-dessus!

 

On dit qu'il faut écouter la mer, le message a été bien clair: ce n'est pas avec un petit dériveur lesté de 7m en ligne de flottaison et 2,5 tonnes que l'on envisage cette aventure. C'est éprouvant tan pour le matériel (30 degrés de gîte, coups de butoir dans certaines vagues répercuté dans le gréement...) et pour l'équipage qui doit vivre dans un mouvement constant et très inconfortable. À donner le mal de mer à ceux qui n'en souffre pas! Donc, nous reviendrons en passant a travers les îles Antillaises et en frôlant les Bermudes.

 

Cela étant dit, il faut bien dire que la remontée de la côte brésilienne a été plutôt coriace. L'année passée pour descendre vers le Sud, c'était vraiment de la rigolade! Durant cette saison, nous avons dû sortir par coups de vent de Sud pour avoir un vent portant et puis il nous a fallu se résoudre a tirer des bord contre de vent de Nord-Est. Dans les deux cas, ce n'ont généralement pas des navigations très confortable. Enfin, nous voici arrivé a Salvador de Bahia après plus de 600 miles en solo avec ma petite Rocinante... dont les trois quarts ont été péniblement remontés contre le vent.

 

 

Et maintenant, les tropiques sont à nous avec leurs vents réguliers et d'intensité presque parfaite. Mais avant de reprendre la route, deux petites semaines dans la baie pour se reposer et se préparer pour la prochaine grande aventure: 1600 miles de haute mer (en solo) pour une dernière étape Brésilienne: l'Amazonie.

 

Commandante Pako y su querida Rocinante

 

 

 


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Dimanche 16 août 2009 7 16 08 2009 16:14
Nous voici de retour sur les routes invisibles que nous avons déjà par le passé naviguées!

Entre le chantier a Montevideo et celui de Buenos Aires Provincia, Rocinante a repris de l'allure. Un nouveau mât noir pointe vers le ciel, de nouvelles robes blanches nous prêtent leurs formes pour nous faire glisser sur l'eau bien plus facilement qu'auparavant. Il faut bien dire que naviguer avec de nouvelles voiles, cela fait du bien. Fini les heures de coutures et puis un petit souffle suffit pour nous faire avancer au près!

 

 

Le départ est donné début Juillet. Première destination: Montevideo. Les prévisions de vent paraissent bonnes, la navigation se fait au bon plein... Le nouveau matelot que nous avons à bord a du mal dans cette mer courte et la cuisine du comandante est simplifiée dans ces conditions. Leçon apprise: si il y a moyen d'éviter de faire du près dans le Rio de la Plata, nous n'hésiterons plus! Enfin, tout cela est en fait d la rigolade comparé à ce qui nous attend plus loin...

 

 

Un dernier au revoir a Daniel qui nous a tant aidé et qui est tombé amoureux de la petite Rocinante et nous voilà partis pour l'étape la plus rude du voyage: 650 miles de Montevideo vers l'île de Santa Catarina, en passant par le port de Rio Grande do Sul, situé à moitier chemin. Cette côte n'offre pas de refuge et devra être naviguée en profitant des "coups de vent" de sud qui sont plus fréquent en hivers austral.

 

Nous partons par vent mou et variable, ce qui nous permet de sortir du Rio pour être en pleine mer pour le vent de Sud-Ouest qui est prévu. Tout se passe comme sur des roulettes: la houle grossi rapidement et le vent monte en force jusqu'à atteindre un bon vent frais force 7. Parfait! Nous faisons route avec lui et surfons sur le dos des vagues qui atteignent tout de même 4 mètres pour le grand bonheur des albatros et autres petrels. Enfin de retour sur l'océan! La mer et la vie sont belles! Le vent tourne vers le secteur Nord juste au moment où nous entrons (à contre courant, comme d'habitude) dans l'embouchure de Rio Grande. Nous amarrons Rocinante au quai du musée océanografique. Al hamdelullah! (A la bonne heure!).

 

{Un petit lien vers une petite video. Cliquez sur link}

 

Après une semaine de repos, les conditions semblent à nouveau favorable pour la remontée vers le nord de la deuxième étape vers Santa Catarina. Vent ouest tournant Sud-Ouest durant la période. Force 6. Nous voilà repartis pour 350 miles... que nous parcourrons en à peine 48 heures, soit plus de 150 miles par jour (record des alizés battus!). Le vent est en effet venu de secteur Sud-Ouest, mais la force et la houle ne furent pas de l'avis des services de prévisions météorologiques! Le Cap de Santa Martha nous aura réservé ses surprises, tant à l'aller qu'au retour! La première nuit fut excellente, mais la seconde... Rocinante n'a plus d'anémomètre (qui ne servent qu'à alimenter les conversations houleuses de café de port :o) et la nuit étant sans lune, je ne peut vous dire avec certitude ce qu'il en était. Le commandante n'a pas quitté la barre de la nuit, négociant chaque vague a la main. Le feux de poupe fut une précieuses aide pour voire la la houle déferlante arriver et le commandante a pris la main rapidement pour positionner le beau petit cul de Rocinante pile perpendiculaire a celle ci au moment auportun. Des surfs comme cette nuit, jamais nous n'avions fait ni autant, ni aussi puissants. Un surf fut tellement puissant que nous avons bien crus sancir (enfoncer la partir avant du bateau dans l'eau). Le matelot enfermé à l'intérieur n'a pas fermé l'œil! Au petit matin, le vent molli franchement, nous laissant ballotter dans une grosse houle de 5-6 mètres. En la voyant le matin, je m'imagine que ce la nuit aura été...

 

 

Epuisés nous laissons tomber l'ancre dans la petite anse de Ibituba, juste avant l'entrée du canal d'accès de l'ile de santa Catarina. La houle rémanenante rend le canal d'accès à l'île de Santa Catarina perilleux pendant deux jours. Finalement, nous arrivons au moteur au club nautique de Florianoplolis. Deux jours gratuits! Vives les douches chaudes et l'électricité pour chauffer et déshumidifier la petite Rocinante! L'étape la plus difficile du voyage est derrière le dos, le froid d'hivers commence a s'adoucir.

 

Le reste du voyage se passe plus paisiblement et finalement nous arrivons, en passant par Sao Francisco do Sul, dans la Baie de Ilha Grande où nous ancrons dans une petit coin de paradis. Soleil, chaleur et baignades! Le matelot qui fut finalement promus timonière nous quitte (les vacances sont terminées) et le Commandante continue sa route vers la baie de Guanabara, ou se trouve la belle ville de Rio de Janeiro.

 

 

Comandante Pako y su querida Rocinante

 

Par Pako Rocinante
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