530 miles depuis notre départ de Algeciras, juste en face de la penisule de Gibraltar...
Notre bon vieux génois me manque... Depuis deux jours, nous nous traînons par 2 noeuds pendant la journée et le soir venu, le vent tombe et laisse place a une petite houle qui fait claquer le voiles. 100 miles encore devant nous pour atteindre le Canaries... Et sans génois et si peu d'air...
Enfin, jusqu'a il y a deux jours, le genois n'aurait pas été très utile et j'ai bien fait de démonter l'enrouleur de voile d'avant pour pouvoir endrailler les petites voiles de route et le tourmentin, jusque la inutile dans la soute.
Le départ de Gibraltar était mouvementé. Une fois que nous étions bien entré dans le détroit, un levante a commencé à souffler, contre le courant dominant qui porte vers la Méditerranée affin de remplacer ces milliers de tonnes d'eau évaporées chaque jour. Résultat pour nos premières heures de navigation: une mer très agitée dont les crêtes commencent a déferler sous un bon force 6. Sous foc numéro 2, nous fillons pleinvent arrière sous à un bon 5 noeuds.
La météo nous annonce un avis de grand frais dans le detroit et plus a l'ouest de celui-ci. Nous décidons de continuer, espérant le laisser derrière nous. Calcul un peu trop optimiste: Au milieu de la nuit, le vent commence a forcir franchement pour atteindre un bon force 8. Rocinante devient difficile a guarder sur sa route. Il faut mettre le tourmentin en place. Je reveille Sarah par petit coup de main sur la paroie du cockpit. Pour éviter de reomenter au près pour hisser un peu de grand'voile, le moteur est mis en marche afin de garder les rennes de Rocinante. Le tourmentin est mis en place. Malgré deux bonnes auloffées dues a la houle de trois mètres. Enfin, la voile est à poste et la barre de Rocinante redevient douce. Sancho, le pilote automatique, est mis en place et nous reprenons nos quarts.
Quelques instant plus tard, alors que je somnolais dans le carré, un petit cri me reveille et un gros paquet d'eau jicle à l'intérieur, moullant la table a carte et le livre de bord. Je passe la tête dehors et vois Sarah trempée de haut en bas, la barre libre (Sancho avait sauté et ne tenait plus la barre). Une déferlante... Nous decidons de fermer les panneaux de descente pour éviter toute entrée d'eau pour le reste de la nuit.
Cette petite introduction dura deux jours. Nous en sortons bien fatigués, mais enfin le coup de vent est passé et nous pouvons remettre le Foc 2 et la grand'voile au bas ris en place. Nous sommes sous-toilé, mais priorité au repos!
Au loin, dans le nuit, les lumières de Rabat et Casablanca former comme deux aurores au milieu de ces nuit noires.
Nuit du premier novembre: au loin des éclairs, du tonnerre. Forts de notre expérience de départ, nous affalons toutes les voiles et mettons le tourmentin en place en prévision d'un coup de vent. Résultat: nous nous traînons durant une heure. Et puis hop! le foc numero 2 et la grand'voile au bas ris pour le reste de la nuit. Faut tout de même pas exagérer non plus!
Les eclairs se rapprochent sous de nuages noirs. Le vent monte. Je sors de la cabine pour prendre mon quart. Rien à voir avec la situation du detroit. Ici, de petites raffales énerventes nous font partir au lof. Tourmentin ou pas tourmentin? Finalement, apres une bonne heure de route fatiguante, je decide de mettre la la cape courante et Rocinante derive doucement. Nous pouvons dormir.
Le lendemain, nous reprenons la route. Le vent est toujours de la partie, mais nous vient de derrière. Foc 2 et Grand'voile, nous naviguons au maximum de la vitesse de Rocinante. Mais le vent monte encore un fois et nous oblige a resortir notre amis le tourmentin. Impossible de garder le cap avec un tel vent, nous fuyons vent arrière vers l'ouest, alors que les Canaries sont au Sud. La mer est blanche d'écume... et tellement belle...
Enfin, voilà où nous en sommes. 4 novembre, le soleil se couche et le vent l'accompagne dans son lit. Les voiles sont ferlées, Rocinante roule et émet ses craquements habituels depuis deux nuits. Je rentre les lignes de pêche, cela m'étonnerait qu'un poisson morde : elles pendent a la verticale :o)
Enfin une légère brise venant du Nord s'établit. Enfin, juste de quoi avancer a 1,5 noeuds, mais au moins, c'est dans la bonne direction et stable.
Le couché de soleil est accompagné de Globicéphales noirs, baleines pilotes. Elles se déplacent en direction de l'Ouest, par troupeaux. Elle sortent de l'eau lentement, pas comme les dauphins. Quelque chose de plus majestueux...
Un vent de Nord Est s'aest finalement bien établit. Un début d'Alisé! Il nous reste 60 miles à parcourir. nous devrions arriver demain aux Canaries!
Matin du 6 novembre. Nous les apercevons enfin ces Iles... Al Habdellullah!
Le riz est prêt, Fluffer (petit poulpe orange reçu de Cristobal, un pêcheur de Algeciras, avant de partir) nous prend un Coryphène. Parfait, cela fera l'affaire pour accompagne le ris. que timing!
La nuit tombe alors que nous longeons à 50 mètres la côte de isla Graciosa. Le phare qui devait nous indiquer des rochers au Nord de l'ile de Lanzarotte ne fonctionne apparement pas. Nous restons donc bien pres de la Cote de cette ile, pour enfin appercevoir le port de Caleta de Sebo. Des l'arrivée, nous nous faisons deux amis basques et les invitons a bord pour prendre un verre. Le commendant, Guy, a plus de trente ans de naviguation derriere lui. Son visage respire la sérénité. Un peu de vin, un peu de rhum et finalement au lit!
11 novembre. Cela fait une semaine que nous sommes a Isla Graciasa. Un petit village, un vingtaine de voiture pour toute l'île, quelques colinnes volcaniques et les falaises de Lanzarotte juste en face du port.
Un Sirrocco s'est levé il y a trois jours et nous vivons dans un vrai coup de vent. Les falaises accélerent le vent et nous le projette en pleine face. La forêt de mâts s'incline en sifflant a chaque raffale qui hurle. Les drisses mal attachées claquent frénétiquement sur les mâts. Les tympans sont compressés et bourdonnent sous l'effet des différentes pressions laissée derriere chaque coup de vent. De loin, on peut les entendre arriver ces raffales. Elles arrivent par trois et fondent pratiquement en même temps sur nous.
Novembre 2006